fais toi mettre
s'affranchir de ce qui dérange
s'affranchir de ce qui te mange
te bouffe
t'étouffe
juste casser les rites
les mythes
harasser l'habitude
pour ne pas que l'aigritude
s'installe
combien de temps
combien de temps encore
j'ai pas fini
j'ai pas fini
le temps c'est comme ton pain
gardes en pour demain
combien
combien de temps
faudra t-il
pour se détendre
pour apprendre
à vivre
de manière juste
de manière vraie
on le sait
putain
que le confort n'est rien
qu'ikéa ne nous mérite pas
et pourtant
et pourtant
combien de temps
combien de temps encore
je veux parler
jusqu'à la fin de ma voix
4 ans déjà
4 ans
combien de temps
combien de temps encore
compterai-je les années
les ratés
les non dits
et les non faits
quand vais-je
prendre le dessus
prendre le bousin en main
sortir dans ma rue
et marcher loin
je crois que
je n'en peux plus
et ce qui m'effraie
le plus
c'est que je l'ai déjà lu
je l'ai déjà dit
et tout cela
va de mal en pis
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je déteste
ça
je déteste
devoir
faire semblant
prétendre à
l'amusement
prétendre à
l'insouciance
alors qu'en
moi
crie
la honte
et la
torpeur
qui torpille
toute possibilité
de normalité
aucun arrondissement
n'arrondit mes
psychoses
aucun métro
ne maîtrise
mon aisance
de Plaisance
aux Abesses
tout me
blesse
et je
laisse
à d'autres
la chance
de plaire
de Défense
à Voltaire
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nat en vrai est handicapée
nat en vrai dans un fauteuil est coincée
fred en vrai aimerait la délivrer
fred, en vrai, ne pense qu'à la délivrer
nat en vrai est une fille jamais égalée
fred en vrai est un gros névrosé
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J'ai envie d'écrire, j'ai envie de dire.
Ce chemin boueux qui traine et bruite encore aujourd'hui un quotidien en bonne santé. Ca devrait suffire pour se définir. Oui. Mais. Le malheur est à la portée de tout le monde, car tout le monde lui ferme les portes et lui offre l'occasion de venir toquer
Nouvel appart, nouvelle euphorie du palier. Ces paliers, toujours les même. On grimpe on grimpe, on escalade pour se retrouver là, au dernier étage, piétiner le paillasson et entrer chez soi pour constater qu'en face un immeuble plus haut existe, un palier plus grand subsiste et la même sensation de manque résiste.
Une envie de tout refaire pour tout défaire. Mais l'inverse serait tellement plus simple.
La fin de la vie heureuse c'est quand l'esprit ne s'évade plus, quelque soit le moyen. Les menottes autour du passé, je souffre à cause de cet enfoiré. Trop d'analyse, d'inspection et de rétrospection.
Les portes sont grandes ouvertes. Le malheur souffle et me traverse. Laisse moi tranquille. Laisse moi passer.
Je t'ai laissé entrer. Laisse moi déménager.
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C'est pas ma ville ?
Regarde, si elle est pas à moi cette ville. Regarde mes jambes courir sur le tapis du Châtelet tardif, après avoir picolé dans un bar suite à un 9h-20h de taff. Il y a un seul mec au fond, dans l'autre sens. Pas zéro, un. C'est encore plus glauque.
Paris, lieu de culture, et de mort de l'âme.
Deuxième tapis volant. Ouais, je domine Châtelet. Deux mecs discutent face à face et prennent toute la largeur du tapis glissant. Je force le passage, bat les couilles, c'est mon tapis filant. Ouais je domine Châtelet. Un mec passe-passe les tourniquets grâce à son pass-pass navigo. Même pas je sors le mien, je lui colle au cul comme une mouche à merde. Ouais.
On dirait du Nicolas Rey, tellement c'est naze, tellement c'est parisien. Je n'ai jamais compris ce mec. Cet écrivant à la plume dans le cul. Ce soir je le vois, je le conçois, dans l'appartement d'un people au dessus de moi, à boire, à s'y croire, à s'imaginer vivre.
C'est ça ici. On s'y croit, comme dans une autre réalité.
Un renoi en face de moi louche sur les lumières qui défilent. Je l'aime. Autant que cette connasse qui récite inlassablement les stations de la ligne B.
Massy Palaiseau, nous y revoilà.
Comment ça et demain ? Mais mon p'tit gars, demain n'aura rien à voir. Ce sera un tout autre 9h-20h, un tout autre Châtelet, un tout autre renoi, un tout autre toi, un tout autre moi.
Mais toujours Nathalie.
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| le métro filant | le sommeil filant | l'étoile filant |
| les tympans vibrants | les tympans vibrants | vers les émois cinglants |
| le coeur dans les pleurs | les yeux dans l'horreur | c'est là que je réalise |
| les moeurs dans la peur | noyés dans les leurs | que mes tympans me disent |
| j'écoute la vie | j'écris la vie | |
| selon mon envie | selon mes défis | tu as beau être béni |
| selon mon ennui | selon mes cris | la musique est déjà finie |
| selon nathalie | selon ma thalie | |
| c'est une quête | soit disant | |
| sans queue ni tête | on en revient plus grand | |
| c'est un jeu | je le sais maintenant | |
| sans tête ni queue | on s'y casse juste les dents | |
| j'ai une autre tête | j'ai une autre quête | |
| depuis ce maudit jour | depuis ce maudit tour | |
| où j'ai perdu la tête | où j'ai perdu la tête | |
| pour un stupide amour | pour un stupide détour | |
| (me dit Adamo) | (me dit mon rodéo) | |
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Ha quelle bouffée d'air frais, cette soirée entre amis. A nous quatre on occupait un flanc complet du bar qui était devenu par la force des choses, majoritairement Montpellierain.
Le voilà le RER bondé que l'on m'annonçait avant ma venue, ce n'était donc pas un mythe. Les odeurs, le confinement. Tout est bien réel et pour le coup, sacrément palpable. On manque d'air, on manque cruellement d'air.
Voilà que cette femme lance son bras à l'aventure, entre les blousons et les manteaux. Cette main asiatique, petits doigts et phalanges lisses, atterrit sur le blazer en cuir de son compagnon, à quelques centimètres de moi à vol de regard.
Ce doit être une femme admirablement attentionnée, admirablement amoureuse pour assurer son mari de la sorte contre les aléas "équilibriques" que peut causer la posture des sardines que nous sommes. Quand le train démarre une fois les écoutilles fermées, elle l'appuie, le soutien, juste le temps qu'il faut pour que le convoi atteigne une allure régulière dont l'accélération ne justifie plus les soubresauts des humains s'y entassant. A l'arrivée en gare, lorsque les freins crissent à la manière des vieux western, elle le retient, le sauve d'une éventuelle basculade plein nord. Quelle bouffée d'air frais ce doit être pour cet homme, au milieu de cette boite à sardines, quelle chance il a d'avoir ce coup de main, cette couveuse autour de lui. Gare après gare, le même rituel, la même main qui se lance emportée par la foule, ne formant qu'un seul corps. Gare après gare, personne ne sort, pourtant des gens rentrent encore bien que la logique voudrait que seuls les portes bagages en hauteur puissent les accueillir. Tout ça se déroule là, juste là, peut être pour que je le vois, que je l'analyse, que je le comprenne malgré le gros barbu somnolant à ma gauche et l'homme forcé de déformer son journal selon des pliures extravagantes afin d'en lire quelques lignes à ma droite.
Enfin le RER se vide partiellement, l'air libre semble se répandre à nouveau dans la rame. Le couple se rapproche alors, fusionne à nouveau comme deux aimants, comme deux aimés. Un déporté libéré à qui on aurait privé la vie normale des années durant n'aurait pas eu autant d'empressement qu'eux à ce moment là. Après avoir donné vie à cet espace de confinement, le couple en suce maintenant les moindres gouttes. Respirant toute la tendresse et l'amour que chaque personne témoin de la scène peut ressentir, n'expirant rien d'autre qu'un bonheur jaillissant, éclaboussant, étouffant.
Le pire dans tout ça, ce doit être l'endroit où cette femme tenait son mari. Sur le flanc arrière droit, à la limite de l'encolure d'une aisselle chatouilleuse. Juste là où ma cicatrice à établi territoire. Tout ça n'était donc pas simplement les rêveries d'un jeune con alcoolisé, tout ça était donc bien pour moi, pour me dire que même là, même à l'endroit le plus douloureux de mon corps, quelqu'un peut s'y rendre utile, s'y compléter, m'assurer, me couver.
Une nouvelle gare approche, la plupart des gens sortent. Le couple suit, évidemment. Il est bien trop parfait pour ne pas suivre les grands mouvements, les grands flux.
Les quais où je descends arrivent à leur tour. Je sors, bifurque, et aperçois au loin une silhouette parmi la foule parsemée. Je fais comme si je n'avais rien vu d'abord, mais le ralentissement causé par la non-présence d'escalator de cette gare pourrie me force ensuite à me rapprocher d'elle. Et voilà donc mes tripes nouées, comme si cette femme pourtant de dos m'avait assassiné en dégageant autant de similitude avec Nathalie. De petite taille, fine, frêle, cheveux longs bouclés, châtains. Je n'en crois pas mes yeux. C'est la deuxième fois depuis l'accident, que j'emboite le pas à une Nathalie de dos. Je ressens comme une bouffée d'air frais sans oxygène. Je n'en crois vraiment pas mes yeux. Je sens les larmes monter, je me dis qu'il vaudrait mieux rester sur le bas côté quelques secondes pour la laisser filer avant de me mettre à chialer. Je n'y peux rien, je suis obnubilé. C'est un aimant, c'est une aimée.
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